En train de Lausanne à Genève, je renonce à marcher cette région, je la connais bien et je ne me sens pas de dormir à quelques kilomètres à peine de mon épouse. A 9 heures, je sors du bus, fais grimper mon sac à dos sur mes épaules, j’hésite à sortir les bâtons, cherche les premiers signes indiquant le chemin, c’est bon je suis sur le « Camino ». Destination le Mont-Sion 24 kilomètres plus au sud. Il faut trouver le rythme autant pour les pas que pour l’esprit, la pensée s’égare, elle se remplit de doute. Étonnamment, c’est la fatigue qui me redonne le moral, une bonne côte bien pénible m’encourage à faire ma première halte. Une petite chapelle sympa, je m’assois devant et dévore mon premier repas. Cool, je me sens bien, libre, serein.
Deux dames, me saluent, jettent un œil à la chapelle et continuent leur route. Elles ont bien 15 ans de plus que moi. Un peu plus loin, je les rattrape, non pas grâce à la rapidité de mon pas, mais elles sont plus curieuses que moi, et prennent le temps de visiter, notamment les églises et les monuments à la mémoire de St-Jacques. On discute, je fais un bout de chemin avec l’une d’elle. Francine, elle vient du Jura neuchâtelois et marche depuis Lausanne déjà.
A la chartreuse de Pommier, j’abandonne sa compagnie, elle marche vite et a de l’entraînement, je me laisse séduire par un banc, ouf, une barre énergétique et 5 minutes de repos. Il reste 3 heures de marche. Trop facile. Arrivé à la première étape, 3 heures plus tard, je m’en veux presque d’avoir eu la prétention de penser que cette étape serait facile. On m’accueille au gîte, un lit ! Super, je m’écroule. Après 2 heures et demi de repos, je rampe au restaurant. Là, je retrouve Francine en compagnie de sa copine, elles m’invitent à partager leur table, j’accepte avec plaisir, je redoutais de manger seul.
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