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Saint-Jacques de Compostelle



Modeste, à peine une centaine de kilomètres, mais Ultreïa quand même.

Pendant et après ces quelques jours, j'ai lu plusieurs témoignages, en particulier celui de Léon Gantelet, qui m'ont donné envie de tenter le chemin de Yenne à St-Jacques. Plutôt randonneur que pèlerin, j'ai retiré beaucoup des rencontres faites sur ce petit bout de route.



« Via Gebennensis »

Septembre 2010, GR 65 Genève - Yennes

L'idée est de partir de chez soi, comme l'ont fait et le font encore les pèlerins.

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Ici, commence vraiment la rando Maison forte située au hameau de Compesières sur la commune de Bardonnex, en Suisse. Elle a appartenu à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, plus connu aujourd'hui sous le nom d'ordre de Malte Col du Mon Sion Rude la montée depuis le village Le grand St-Jacques Sur le bon chemin, à moins que cela annonce un resto-fruits de mer La canal rejoint le Rhône En septembre le soir aucun restaurant d'ouvert. En 1837, Charles de Boigne fait rehausser ce clocher avec un bulbe de style byzandin


« Ces quelques jours sur le chemin »

A 50 ans il faut mieux avoir des projets que des rêves

Go 2010 a été une année de sévère remise en condition. Les premières petites randos de 10 à 15 kilomètres m’ont mis à mal, mais ne m’ont pas découragé, loin s’en faut. Mais marcher une journée et se reposer une semaine c’est bien joli, mais un peu court pour une randonnée. Par conséquent, je me suis mis à la recherche d’un parcours plus long et d’une durée de 5 jours au maximum. D’où le GR 65, le chemin de Compostelle qui amène les Suisses de Genève au Puy-en-Velay. Pour ma part, j’avais prévu de m’arrêter à Yennes.
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« Lundi 13 septembre 2010 »

Chapelle
En train de Lausanne à Genève, je renonce à marcher cette région, je la connais bien et je ne me sens pas de dormir à quelques kilomètres à peine de mon épouse. A 9 heures, je sors du bus, fais grimper mon sac à dos sur mes épaules, j’hésite à sortir les bâtons, cherche les premiers signes indiquant le chemin, c’est bon je suis sur le « Camino ». Destination le Mont-Sion 24 kilomètres plus au sud. Il faut trouver le rythme autant pour les pas que pour l’esprit, la pensée s’égare, elle se remplit de doute. Étonnamment, c’est la fatigue qui me redonne le moral, une bonne côte bien pénible m’encourage à faire ma première halte. Une petite chapelle sympa, je m’assois devant et dévore mon premier repas. Cool, je me sens bien, libre, serein.

Deux dames, me saluent, jettent un œil à la chapelle et continuent leur route. Elles ont bien 15 ans de plus que moi. Un peu plus loin, je les rattrape, non pas grâce à la rapidité de mon pas, mais elles sont plus curieuses que moi, et prennent le temps de visiter, notamment les églises et les monuments à la mémoire de St-Jacques. On discute, je fais un bout de chemin avec l’une d’elle. Francine, elle vient du Jura neuchâtelois et marche depuis Lausanne déjà.
A la chartreuse de Pommier, j’abandonne sa compagnie, elle marche vite et a de l’entraînement, je me laisse séduire par un banc, ouf, une barre énergétique et 5 minutes de repos. Il reste 3 heures de marche. Trop facile. Arrivé à la première étape, 3 heures plus tard, je m’en veux presque d’avoir eu la prétention de penser que cette étape serait facile. On m’accueille au gîte, un lit ! Super, je m’écroule. Après 2 heures et demi de repos, je rampe au restaurant. Là, je retrouve Francine en compagnie de sa copine, elles m’invitent à partager leur table, j’accepte avec plaisir, je redoutais de manger seul.
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« Mardi 14 Septembre »


Petit déjeuner et départ pour la deuxième journée. Je sens mes muscles, mes deux copines me distance très vite. Il fait frais mais un temps magnifique. Je trouve mon rythme. Il doit être vers les 15 heures lorsque je trouve Francine assise sur le côté de la route. Je m’arrête près d’elle le temps de reprendre des forces et de discuter un moment. Une petite demi-heure plus tard c’est engourdit et appuyé sur mes bâtons que je reprends la route. Tout à coup marcher à deux me semble plus facile. Il reste que quelques kilomètres, mais ils se méritent, le chemin est rude jusqu’à Chaumont. Arrivé dans le village nous devons encore le traverser de bas en haut. Accueilli au gîte je ne demande pas mon reste et profite du lit. Francine, elle part visiter le bled. Chapeau bas.
Souper avec Francine, qui reçoit une mauvaise nouvelle. Son mari a des problèmes de santé, elle abandonne le chemin et prévoit de rentrer le lendemain. Bonne chance Francine.
La nuit est difficile, de la peine à m’endormir, par chance un bouquin « En chemin faisant » écrit par un certain Léon Gantelet me tient compagnie. Je trouve le récit du voyage captivant et finis par m’endormir.
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« Mercredi 15 septembre »


7 heures petit déjeuner engloutit rapidement je reprends la route. Je me sens bien, pas la moindre douleur, j’accélère le pas et fait le plein de victuailles à Frangy. Encore 23 kilomètres pour rejoindre Channaz. Arrivé à destination le gîte ne peut pas me recevoir, un problème d’inondation. Je pars à la recherche d’une solution de rechange et fini par avoir une chambre dans le seul hôtel du village. Channaz est un village sur les berges du Rhône, lorsque j’y suis arrivé, il y avait beaucoup d’animation et plusieurs cafés restaurant servaient en terrasse. Une aubaine pour prendre un bon repas du soir. Je prends possession de ma chambre et m’y repose une heure ou deux. Je rejoins le centre du village dans l’espoir d’y manger. Plus aucun restaurant d’ouvert, les rues sont désertes. Incroyable comme le village à changer en si peu de temps. Je croise la patronne de l’hôtel qui me confirme que passer 19 heures tout est fermé. Elle me propose de me faire une omelette. En fait d’omelette j’ai été comblé, et grâce à sa gentillesse j’ai eu droit à un inoubliable repas.
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« Jeudi 16 septembre »


La route longe le Rhône, j’accélère le pas, je surévalue mes forces et une tendinite me fait horriblement souffrir. J’ai avec moi une paire de tennis à 20 balles. Une camelote achetée bon marché. J’enfile le soulier au pied malade et je continue avec un bon soulier à gauche et une basket pourrie à droite. Je dois avoir l’air d’un clodo, mais je souffre moins. La marche fut longue ce jour-là, la douleur me ralentit et me sape le moral. Le chemin descend raide sur Seyssel, raide et caillouteux, un vrai calvaire. Je vous jure en quittant ce chemin de pierre, je me suis retourné et je l’ai engueulé, c’est con mais il le méritait ce salaud. J’entre dans la petite ville de Seyssel, fatigué et mal à mon tendon d’achille, et forcément l’esprit un peu renfrogné. Deux petites filles jouent devant un immeuble, « Tu dois marcher longtemps pour aller loin ? » demande l’une d’elle. C’est complètement con comme question, je détourne la tête et m’éloigne. Stupide cette gamine. Je regrette encore aujourd’hui de ne pas lui avoir demandé pourquoi elle m’a posé cette question.
Arrivé devant un hôtel fermé à 16 heures, il n’ouvrira ses portes sur un bon lit qu’à 18:30. 2:30 à me trainer d’un banc à l’autre et imaginer comment sera la journée du lendemain. Un bon repas, seul cette fois, une bonne nuit.
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« Vendredi 17 septembre »


Il me reste un peu plus de 24 kilomètres, je décide de suivre le Rhône bien au plat et je me fais pousser en taxi jusqu’à un centre commercial. Toujours impossible de remettre mon soulier droit, tant pis je continue avec ma basket. Malgré tout je passe une excellente journée, je fais même un écart pour visiter une cave et une église. Je marche seul, je me sens bien et me réjouis de retrouver mon épouse à Yennes. Je crois que c’est bon, il faudra apprendre à éviter les tendinites, mais je repartirai.
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