GRANDSON et son arrière-pays composent une contrée de transition entre
le plateau vaudois, terre de labours, et les collines neuchâteloises,
patrie d'inventeurs et de bricoleurs. Les villages (Fiez, Champagne,
Bonvillars) ont des fermes vigneronnes vastes et des fontaines peintes
en bleu. De toutes les hauteurs, on perçoit les tours du château fondé
avant 1050 par Adalbert II, et auquel Othon 1er de Grandson devait
donner, au XIIIe siècle, sa silhouette presque définitive et si
caractéristique. Cette silhouette séduit particulièrement les touristes
anglais, parce qu'elle évoque quelques châteaux et forteresses de
Grande-Bretagne remontant à la même époque. Il ne s'agit pas d'une
coïncidence: dès 1278, beaucoup de maçons et de maîtres d'œuvre du Nord
vaudois ont traversé la Manche, et c'est le seigneur Jean de Bonvillars
qui a supervisé la construction de Conwy, dans le Pays de Galles. De
même, la très émouvante église Sait-Jean-Baptiste de Grandson est bordée
de fenêtres au chambranle très dépouillé, uniques en Suisse mais
répandues en Angleterre. Voilà pourquoi les Britanniques sont très
attachés au château et au vieux bourg de Grandson : en 1977, ces
antiques monuments ont fait l'objet d'un film réalisé par la BBC, à
l'occasion duquel a été organisé un marché médiéval. L'Institut suisse
d'armes anciennes, dont le siège se trouve dans la même commune, a
attiré des archers anglais de renom. A chaque fois qu'à Buckingham naît
un prince, le château hisse les armes de la famille de Windsor.
Mais, pour mieux découvrir Grandson, son château et ses belles maisons
des XVIIIe et XIXe siècles, fiez-vous au petit guide illustré qu'a
réalisé l'historien Daniel de Raemy, sous l'égide de la Société
d'histoire de l'art en Suisse. Il est précis, clair, et rend la ville
très attrayante.
« Cliquer ici pour placer un commentaire »